C'est au cours du week-end précédent, que j'estimerai toujours trop court, qu'est arrivé quelque chose dont M m'avait parlé presque dès le début: la remise de mon collier, un visible de tous, dont le sens ne serait connu que du Maître et de sa soumise.M m'avait annoncé le programme de la journée et après le dîner, ce devait être le dressage...
Dressage?!
Est-ce que j'ai paniqué?
Oui, je dois avouer avoir eu une petite inquiétude, non pas une terreur mais un léger passage nerveux.
Je n'avais eu aucune explication de ce que cela pouvait signifier et ce que j'ignore m'intrigue souvent tellement que je m'en épouvante moi-même.
M m'a appris 3 ordres: à genoux, assise et à demander pardon.
Patiemment, lui assis dans le canapé et moi à genoux sur le parquet, face à face, il m'a expliqué les différences, a corrigé les positions, a pris le temps de me le faire répéter et intégrer.
-A genoux, on repose sur ses genoux sans s'assoir dessus et on met les mains derrière le dos... J'avoue que j'ai tendance à croiser les pieds.
-Assise, on se retrouve à genoux mais on s'assoit sur ses pieds (que je croise toujours sans savoir pourquoi) et les mains posées sur les genoux.
-Pour demander pardon, c'est à partir de la position assise mais on enserre de ses mains les chevilles de son Maître, nul doute que si on s'est mal positionnée et donc déséquilibrée, on a le visage contre terre... Ceci dit, ça peut peut-être contribuer à inspirer de la pitié?!
M m'a ensuite énoncé des règles très précises, comme par exemple toujours lui répondre lorsqu'il me parle...
Je ne crois pas avoir envie d'écrire tout ce qu'il m'a alors dit d'une voix empreinte de calme et d'assurance parce qu'à cet instant, pleine de fourmillements dans la tête, je n'ai plus eu conscience de ce qui nous entourait, je n'entendais plus que sa voix et je comprenais tout.
Ses mots étaient d'une limpidité incroyable et moi j'étais comme fascinée, répondant de moi-même sans même y réfléchir ou me poser des questions inutiles, j'acquiesçais à chacune de ses phrases et je le formulais verbalement, conformément à ses règles qui, acceptées par moi, deviennent nos règles.
Il m'a rappelé toujours sur le même ton la signification de ce collier, et lorsque j'ai relevé mes cheveux à sa demande puis présenté ma nuque afin qu'il puisse de ses mains l'accrocher, il m'a ensuite précisé que ce collier ne serait enlevé que sur son ordre.
A cet instant, j'avais même déjà oublié ce que c'est d'errer, d'avoir peur, d'être perdue... D'être sans collier!
Et j'ai pu pour la première fois me blottir dans les bras de mon Maître, de façon officielle tout en lui susurrant ma reconnaissance.
Et maintenant, je suis L.
Reste à redécouvrir qui elle est tout à fait, cela fait tant de temps qu'elle est enfouie que je ne m'en souviens même plus...
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