dimanche 19 juillet 2009

Oui, mon Maître à moi!

M est la première personne que je nomme de cette manière: "Maître" ou plutôt "mon Maître à moi".
Ça date de nos débuts et ce n'est pas une dénomination que j'ai tout de suite adoptée; je préfère que les choses soient suscitées plutôt qu'imposées.
Il ne l'a pas expressément demandé de l'appeler comme ça, ça me trottait dans la tête lorsqu'il m'a demandé de le formuler pour essayer, je l'ai fait à sa manière tout en spécifiant après que je n'aimais pas particulièrement et que ce n'était pas éminemment personnel. J'aime m'approprier les choses et s'il y a bien une particularité dans cette relation c'est que le Maître appartient tout autant à la soumise que l'inverse.
Ce n'est pas nécessairement commun comme attitude, il fallait quelque chose qui s'y prête.

Dans mon temps d'errances, dans mes expériences et rencontres, j'ai été choquée par la facilité avec laquelle cette dénomination est utilisée, avec une servilité sous-jacente que je trouve souvent déplacée ou inappropriée.
Je ne voulais donc pas de cela.
Pour m'être confrontée à quelques maîtres qui ont tenté un domptage sans succès, je sais à quel point il faut être particulier pour arriver à ce que je dépose les armes et l'orgueil qui va avec.

Pendant 2-3 jours, je n'ai pas osé faire part à M de la formulation que j'utilisais déjà dans ma tête.
je la trouve enfantine voire naïve mais c'est sous ce jour que se montre ma volonté d'apprendre, ce qui fait que je me tais et que j'écoute: "mon Maître à moi".
Celui qui utilise le même langage que moi, qui a les mêmes références ou us et coutumes, les mêmes idées.

Personne n'a jamais vraiment voulu m'appartenir et aller jusqu'au bout parce que ce que je peux faire ou donner a probablement un coté effrayant ou du moins entier.
Une totalité et un absolu.
Je le comprends, ce n'est pas évident d'avoir quelqu'un qui dépend entièrement de soi...
Mais même si ce n'est pas facile, M lui n'a pas peur, ne se décourage pas, ne perd confiance ni en lui, ni en moi.
Je ne suis pas une difficulté pour lui mais un plaisir.

C'est donc pour toutes ces raisons que cette formulation spéciale lui sied à ravir et que j'aime à faire la distinction.

Si pendant quelques temps j'ai eu pour ordre de toujours employer ce "mon Maître à moi", je n'ai pas moins discrètement montrer à des moments ou d'autres un genre de rébellion.
Ainsi, lorsque je n'étais pas contente, c'est la majuscule du Maître qui en prenait un coup.
Je rédige généralement les choses avec soin, rater une majuscule dans un mail par exemple, ça n'existe pas vu le nombre de fois où je me relis.
Je me suis faite vertement gronder quand mon petit manège a été découvert suite à une provocation de ma part.
Pas de punition, c'était inutile mais je me souviens encore de l'impression que j'ai eue à cet instant, me mordant la lèvre, baissant les yeux, tortillant mes mains et m'excusant sincèrement de cet acte qui visait à entamer sa position, sa place, son rôle, lui-même, ce qu'il est.

Maintenant, c'est différent, j'ai complètement intégré le fait de m'être soumise, je peux aussi le revendiquer alors évidemment, je le dis moins souvent.
Il n'y a plus besoin que je me rappelle à chaque instant qui est le Maître et qui est la soumise, je ne l'oublie presque plus.

C'est ça aussi "mon Maître à moi", on peut parfois se passer des convenances!

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