Lorsque l'on s'est vaguement présenté, la question "mais d'où ça te vient?" arrive généralement ensuite.Alors on cherche dans sa tête et je vais chercher dans la mienne.
J'ai grandi dans un système matriarcal et quasiment dans un gynécée où deux femmes ont d'abord une importance: ma mère et sa mère.
Ces personnes ont été les seules à se réjouir de ma venue au monde; je me suis imposée sans accord préalable et de fait, je n'étais pas attendue.
On m'estimait inutile puisque ma sœur aînée comblait tous les désirs et était l'objet de tous les ravissements.
Ainsi, j'ai été plus libre.
Libre d'observer, d'analyser, de lire ce que je voulais, voir ce que je voulais.
Et puis, vint le temps où la famille de notre père estima qu'elle devait se charger de faire notre éducation à connotation bourgeoise, nous qui avions été élevées en "sauvages".
Vinrent les leçons de piano, les après-midi broderie, demander la permission avant de quitter la table, équitation, danse, etc ... Le tout dans une ambiance années 50 dont la cuisine était le terrain de jeu et d'apprentissage des premières recettes, comme si le temps s'était arrêté dans cette maison.
J'étais docile pour que les choses se passent bien, qu'on m'accepte alors que ma sœur faisait des esclandres et était toute acceptée.
Première chose: obéir pour être aimée.
Puis après, nos parents nous ont récupérées et est venu le temps de la tyrannie de ma sœur: je devais suivre à la lettre ses exigences et un peu plus tard lorsque j'en eu assez, j'apprenais à la gifler et à la séquestrer, elle se montrait ensuite d'une gentillesse sans égal jusqu'à ce que ça recommence.
Deuxième chose: dominer pour avoir la paix.
Par le divorce de nos parents, la conjecture, nous nous sommes retrouvées pour ainsi dire seules, ne comptant que l'une sur l'autre. La formation d'un couple inséparable et fusionnel qui ne l'a été que par l'école, plus âgée que moi, elle passait les étapes avant moi.
Nous avons été souvent séparées et avons recherché constamment un lien équivalent.
Troisième chose: je serai toujours là pour toi.
Et vint le temps des couples en dehors de la sororité, ceux qui tiennent ou un peu du moins, j'ai alors coupé souvent le contact pour ne pas être jugée dans mes choix qui tenaient souvent plus de la raison qu'autre chose.
Jeune adulte, je devais gérer ma vie, j'en étais maîtresse et le devint dans le sens BDSM.
Ensuite, c'est flou, un genre de descente aux enfers entre raison et déraison.
Quatrième chose: je ne domine que par dépit et rage.
Ultime tentative pour me ranger, vivre un couple traditionnel avec une pointe de fantaisie mais force est de constater que je m'effondre sur moi-même et qu'à la fin, je fuis les ruines de ce monde et erre.
Cinquième chose: je veux mon Maître!
Est-ce qu'il suffit de le souhaiter très fort pour le trouver?
Il semblerait puisque la veille au soir ou plutôt au matin, après avoir éclaté en sanglots, je ne souhaitais plus être errante et le voilà qui se montre... Et que tout devient clair, se justifie et trouve un sens.
Aujourd'hui j'ai cette lecture du passé, ça n'a pas toujours été le cas, j'ai parfois lu ce que je voulais, me mentir était une discipline dans laquelle j'excellais!
Je ne pense pas me tromper étant donné que mon leitmotiv a toujours été de trouver ma place, d'user de toutes mes connaissances et capacités afin de combler le désir de quelqu'un, d'être en échange acceptée telle que je suis même si je suis profondément pour changer ce qui ne va pas chez moi dans l'optique d'être meilleure.
Le fait que j'ai toujours su me transcender pour les autres mais jamais pour moi-même.
Et tout ça ne se justifie que s'il y a M.




